Discussion entre amis, un soir, dans un resto : pourquoi les hommes politiques semblent-ils aussi impuissants à changer le monde ? Sont-ils si nuls ?
Ma thèse est que nous sommes face à une incapacité collective à penser le monde de demain. Certains, nostalgiques, regrettent celui d'hier, oubliant combien il était étouffant avec ses codes, ses trajectoires préétablies...
D'autres, nombrilistes, rêvent d'un monde dont ils seraient le centre. Je m'explique : un monde où tout le monde partagerait leur hiérarchie de valeurs et mettrait en avant les qualités qui sont les leurs.
Dans les deux cas, la réflexion tourne court : le retour en arrière n'est plus possible et la somme des trajectoires individuelles ne fait pas un projet collectif.
Je n'ai pas, évidemment, la solution à cette absence de projet collectif.
Ma conviction est que nous sommes à la fin d'un monde et que nous sommes en train de construire, à notre insu, un monde nouveau, impossible à penser aujourd'hui.
Parce que je suis optimiste et que j'ai foi en l'homme, je pense que ce monde sera meilleur : alors je m'efforce de repérer, à l'inverse des nostalgiques qui ne relèvent que les raisons de désespérer, les faibles signaux positifs qui alimentent mon espoir. Et pour éviter tout nombrilisme, je tente de me laisser étonner positivement par ce qui est nouveau et que je ne comprends pas, par ce qui m'est étranger.
C'est ce que l'on appelle la foi du charbonnier.


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