Je ne sais pas pourquoi mais je n'ai pas de sympathie particulière pour l'animateur qu'est Marc-Olivier Fogiel. Il m'agace. Mais la lettre qu'il a publiée pour expliquer son départ d'Europe 1 à l'occasion du changement de patron est un modèle d'élégance et mérite d'être citée en exemple. Si tous les hauts managers avaient le bon goût de se comporter ainsi quand ils veulent partir à l'occasion d'un changement de gourvernance de leur entreprise, ce serait tellement... Je n'hésite pas à le dire : "beau". Et exemplaire.
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Les stock-options ne sont pas une simple façon de rémunérer des dirigeants salariés. C'est une machine de guerre qui s'est retournée contre ceux qui l'ont construite. Ci-dessous un article de Marc Mousli, chercheur associé au Lipsor (Cnam-Paris) et chroniqueur régulier sur alternatives-economiques.fr.
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Une justification de la suprématie du pouvoir actionnarial serait que s'il n'est pas parfait, il est meilleur que tous les autres, notamment parce que sa "fonction objectif" est claire et identifiable : dégager du profit. En outre, un "maître unique" avec un objectif unique permet un contrôle simple de l'action des dirigeants, à savoir maximiser la valeur actionnariale.
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Une des justifications du pouvoir actionnarial serait son efficacité économique puisque seuls les actionnaires auraient intérêt à prendre des risques pour créer de la valeur. Les autres parties prenantes (salariés, fournisseurs, créanciers...) auraient pour seul objectif de sécuriser leur revenu, donc peu enclin à innover , "à entreprendre.
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Voilà une question totalement iconoclaste. Et pourtant la réponse ne va pas de soi. Je reprends ci-dessous des éléments d'un article de C.Clerc.
Le pouvoir de l'actionnaire serait légitime parce qu'il est le propriétaire de l'entreprise. Ceci est vrai quand l'actionnaire est unique, mais dans un actionnariat dispersé la notion de "propriété" perd son sens.
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Ci-dessous des extraits d’un article de Jean Gatty (Président d’une société de gestion de portefeuille) et Martin Hirsch (Haut-Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté) paru des les Echos.fr. du 25/01.10.
"On admet communément un lien simple entre la compétitivité d'une économie et le niveau des salaires. Pour qu'une économie soit compétitive, il faut que le coût du travail des personnes les moins qualifiées soit faible mais que l'on puisse attirer les meilleurs dirigeants, avec les plus hautes rémunérations. Pour caricaturer, plus les bas salaires seraient bas et plus les hauts salaires seraient hauts, plus l'économie serait compétitive.
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Si la responsabilité des actionnaires est limitée à leurs apports (cf note de lundi dernier) les dirigeants des sociétés eux sont responsables devant les actionnaires évidemment mais également devant l'ensemble des parties prenantes (salariés, fournisseurs, clients, usagers, environnement, collectivités) de l'entreprise : ces dirigeants salariés devraient donc être autonomes vis à vis des actionnaires et incarner, en quelque sorte, l'intérêt général.
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Dans une série de notes, les lundis qui viennent, je vais reprendre les réfexions d'un certain nombre de chercheurs concernant la théorie qui veut que le pouvoir doit appartenir aux actionnaires.
Ces réflexions ont été publiées dans un ouvrage collectif intitulé "A quoi servent les actionnaires ?"
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Extrait d’un article des Echos par Eric Albert, président de l’Ifas.
« Le sondage TNS Sofres repris dans « Les Echos »... montre une crise de confiance dans la relation employeurs-salariés. Sur l'ensemble des données, arrêtons-nous sur deux chiffres : 64 % des salariés et la moitié des cadres estiment que les intérêts des dirigeants de leur propre entreprise et celui des salariés ne vont pas dans le même sens. Ils pensent dans une proportion similaire que l'écart de salaire entre dirigeants et salariés ne se justifie pas.
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La théorie de la suprématie des actionnaires dans les décisions de l'entreprise s'appuie sur cette idée que ce sont eux qui supportent LE RISQUE.
Or, Christophe Clerc, dans un trés brillant article publiée dans un ouvrage collectif intitulé "A quoi servent les actionnaires" (Chez Albin Michel), note que :
"Les sociétés cotées sont des personnes morales dont les actionnaires jouissent presque toujours d'une responsabilité limitée à leurs apports. Si la société est en faillite les actionnaires subiront une perte, mais seulement à hauteur du prix qu'ils ont payé pour acheter ou souscrire leurs actions"
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