Les recettes fleurissent depuis les suicides chez Renault et France Télécom : la dernière entendue. il faut redonner de la valeur au capital humain !
Oups ! Qui peut imaginer que cette superbe phrase technocratique puisse rassurer un êttre en détresse : je l'ai écrit à plusieurs reprises, un suicide est un drame humain, un drame d'humains, de chairs, d'os, d'humeurs et de sentiments. L'inhumanité de cette formule, "le capital humain", donne la juste mesure des impasses dans lesquelles les théories managériales sont capables de s'enfermer en toute bonne conscience.
Les moyens de prévenir les drames, du moins de les contenir, sont beaucoup plus simples : il faut redonner de l'espace aux salariés.
Mais pas en dehors de l'entreprise, par des jours de congés supplémentaires. On voit bien que du point de vue du stress, les trente-cinq heures n'ont rien réglé.
Il faut redonner de l'espace au sein des entreprises : des espaces de temps informels, des lieux où peuvent se tisser des solidarités, des moments de dialogue et d'écoute qui échappent aux contrôles, aux normes.
De ce point de vue, même si c'est politiquement incorrect, les salles fumeurs avaient leurs vertus. la cafétéria peut jouer le même rôle.
Préserver des espaces, c'est aussi savoir faire une pause dans les changements, c'est pouvoir échapper, pour quelques instants, au regard du chef, à lapression des objectifs...
En un mot, les RTT, ne suffisent pas : il faut aussi "pouvoir souffler" sur le lieu de travail.
C'est beaucoup, plus simple et basique, que "valoriser le capital humain".
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