Cet été, cinoche tous les dimanches en compagnie de Bach Films. Quatrième rendez-vous : un coffret « Roger Corman » qui propose 12 films du célèbre réalisateur de série B et de fantastique en 6 DVD. Une excellente introduction à l’œuvre polymorphe de ce prolifique auteur-réalisateur-producteur...
Roger Corman est en lui-même un OVNI dans le monde du cinéma. Réalisateur d’une cinquantaine de films, en ayant produit des centaines, le principal de sa carrière de cinéaste s’étendit du milieu des années 50 au début des années 70. Aujourd’hui âgé de 86 ans, l’homme ne tourne plus depuis longtemps, mais il a encore récemment produit plusieurs téléfilms. À quelques exceptions près, son terrain de prédilection fut bien sûr l’horreur et le fantastique, et il fut à lui seul une sorte de pendant américain de la Hammer dès la fin des années 50. Mais alors qu’en Angleterre fleurissait le cinéma de Fisher (foncièrement gothique et sérieux), de l’autre côté de l’Atlantique, Corman aborda le genre de manière beaucoup plus décomplexée. Maître absolu du film réalisé avec des bouts de ficelle, un budget lilliputien et dans un temps de tournage record de deux à dix jours, Corman enchaîna les créations à un rythme inhumain. Roi de la débrouille et ayant l’obsession de l’économie, il fit notamment jouer des acteurs sur le déclin, des techniciens, des scénaristes (parfois venus sur le tournage pour boucler un semblant de scénario), et réutilisa les décors d’un film qu’il venait à peine de finir pour en relancer un autre dans la foulée. Ce côté foutraque allié à un sens certain des affaires engendra des films que l’on définira comme « improbables ». Oui, c’est cela : Roger Corman, c’est avant tout le cinéaste de l’improbable, dans tous les sens du terme.
Mais il serait bien réducteur de n’envisager Corman que comme le maître du nanar fantastique, ou le pape de la série B. Il ne fut pas que brouillon ou foutraque, notamment dans le cycle des huit adaptations d’Edgar Poe ou bien son approche de Lovecraft. Dans ses adaptations de Poe, Corman sembla tout à coup reprendre ses esprits, offrant des films à l’atmosphère intense et aux univers colorés très intéressants ; des œuvres qui n’avaient rien à envier à Fisher, pourrait-on dire... Ce coffret ne reprend pas le « Cycle Poe », car celui-ci mériterait un coffret en soi, mais les 12 films de ce coffret constituent une merveilleuse introduction à l’œuvre de Corman, dans un éventail représentatif des différentes facettes du réalisateur – mais aussi du producteur. Comédies horrifiques, films de SF, fantastique, horreur, aventure : en noir et blanc ou en couleurs, toute la géniale déglinguerie du cinéaste est ici représentée. Je vous conseille vivement de regarder la petite séquence « À propos du film » avant de regarder les films eux-mêmes, car vous pourrez y écouter les commentaires passionnés de Frédéric Thibaut (de Mad Movies, « en fait ») qui apporte son éclairage sur presque chacune des œuvres du coffret, et les anecdotes qu’il nous livre sont souvent très intéressantes et utiles pour mieux cerner le travail de Corman (à noter que c’est aussi le professeur Thibaut qui signe le livret du coffret où il nous parle de Corman sur plus de 20 pages illustrées : cool !).
N’oublions pas que c’est Corman qui a mis le pied à l’étrier, révélé ou fortement influencé de nombreuses personnalités du cinéma, comme Jack Nicholson, Francis F. Coppola, Dennis Hopper, Monte Hellman, Martin Scorsese ou Joe Dante, pour ne citer qu’eux. N'oublions pas non plus que sans la boulimie de tourner obsessionnelle de Corman, sans sa folie douce et la liberté de ton qu’il insuffla dans ses films, sans l’inventivité débridée dont il fit preuve dans des œuvres qui ont marqué des générations de cinéphiles et d’artistes, il est certain que la face du cinéma fantastique en aurait été profondément changée.
Petit tour d’horizon des films de ce coffret, par ordre d’apparition :
La Petite Boutique des horreurs (The Little Shop of Horrors, 1960) :
L’un des films les plus cultes non seulement de Corman, mais aussi de la série B en général. Que dire de cette comédie horrifique totalement décalée où un employé de fleuriste ramène un spécimen de plante très étrange dans la boutique de son patron, plante répondant au doux nom d’Audrey Junior... Mais elle n’a de doux que le nom, car elle parle brutalement et se nourrit de sang humain. La petite plantounette va grandir de manière insensée et devenir un véritable monstre végétal carnivore. Tourné en deux jours et une nuit, The Little Shop of Horrors reste un monument de comédie affligeante où les acteurs en font des sous-tonnes par leurs répliques piquantes et leurs attitudes aussi pathétiques que drôles. Ce film est aussi l’occasion de voir le jeune Jack Nicholson – alors âgé de 23 ans – dans l’un de ses premiers rôles, tout en extravagance cartoonesque (son tout premier rôle fut aussi lié à Corman, puisque The Cry Baby Killer de Jus Addiss, en 1958, fut coproduit par le grand Roger).
Le Château de la terreur (The Terror, 1963) :
Le film de ce coffret qui rejoint le plus l’univers de Poe tant apprécié et si bien adapté par Corman. Comme le souligne Frédéric Thibaut, Corman a profité qu’il ait encore Boris Karloff sous contrat après la fin du tournage de The Raven (Le Corbeau) pour employer l’acteur et utiliser les décors du film afin de tourner une nouvelle œuvre ; de même, il chargea pas moins de 7 réalisateurs (dont Coppola) de tourner la majorité des scènes du film, selon un canevas très... flou ! Outre sa belle ambiance gothique, ce film est aussi la rencontre entre deux acteurs mythiques, respectivement à l’aube et au crépuscule de leur carrière : Jack Nicholson et Boris Karloff ! Cette étrange histoire de jeune lieutenant de Napoléon tombant amoureux d’une femme fantôme liée au passé d’un vieux châtelain est indubitablement inspirée des contes d’Edgar Poe, et se situe dans la lignée directe des adaptations de cet auteur par Corman. Mention spéciale pour Sandra Knight qui est sublime dans le rôle d’Ilsa/Hélène (miam miam, quel joli fantôme !).
La Créature de la mer hantée (Creature from the Haunted Sea, 1961) :
Âmes sensibles, attention, Creature from the Haunted Sea est l’un des films les plus graves de toute l’histoire du cinéma. Mayday, mayday ! Dangereux pour les neurones ! Ferait fondre n’importe quel cerveau normalement constitué... Tourné dans la foulée de Last Woman on Earth à Puerto Rico, il en reprend « donc » les trois acteurs principaux, dont le scénariste Robert Towne. C’est assez étonnant comme – avec les mêmes acteurs et le même décor – Corman a réussi à faire deux films aussi différents... Autant Last Woman on Earth était un film post-apocalyptique assez naturaliste et dramatique, autant Creature from the Haunted Sea laisse pantois tant tout ceci est totalement débile ! Un agent secret se joint à l’équipage hétéroclite d’un bateau transportant soldats et or cubains. Mais un monstre marin va transformer la croisière en massacre... Parmi les éléments cocasses du film, il y a bien sûr ce membre d’équipage qui ne s’exprime qu’en imitant des cris d’animaux (ces imitations étant des enregistrements de vrais cris d’animaux, ce qui ne manquera pas de figer le spectateur d’effroi comique face à un tel procédé faisant exploser toutes les barrières du ridicule), mais l’atout principal du film est bien sûr le monstre marin qui... qui... qui est certainement le monstre le plus pourri de toute l’histoire du cinéma ! (Vous ne me croyez pas ? Vous n'avez donc pas vu l'image ci-dessus ?) Comment ne pas s’étrangler de bonheur en voyant ce type en costume couvert d’algues avec deux balles de ping-pong géantes en guise d’yeux ? C’est... totalement dingue et improbable ; on est résolument plus du côté du « Muppet Show » sous LSD que dans Alien, ça c’est sûr ! Chaque apparition du monstre est à mourir de rire, mais même là Corman réussit à nous surprendre en allant plus loin qu’on ne pouvait l’imaginer. Car après tout ce joyeux bazar, qui peut être préparé à ce plan final du monstre marin assis sous l’eau qui... défie l’entendement : à mourir de mourir de rire, Corman instaurant lui-même un recul comique sur son monstre pitoyable. Le film est édifiant de bout en bout ; c’est une véritable tuerie des synapses, et on met du temps à s’en remettre : « Bon dieu mais qu’est-ce que je viens de voir là ? Est-ce que j’ai bien vu ce que j’ai bien vu ? Entendu ce que j’ai entendu ? Non, c’est pas possible ! » Bah si, c’est possible. Corman l’a fait, ne reculant devant rien. Rien, vous m’entendez ? Un chef-d’œuvre du cinéma débile, un monument de l’impossible. Si l’on n’a pas vu ça avant de mourir, alors on n’a rien vu.
Ski Troop Attack (Ski Troop Attack, 1961) :
Aïe. Ski Troop Attack est un court film de guerre qui reprend une réalité historique pour en faire le contexte global du film : les patrouilles de reconnaissance des Alliés durant la seconde guerre mondiale qui parcouraient à ski les montagnes allemandes pour rendre compte des positions de l’ennemi. Corman en tire un film que l’on se doit de définir comme très moyen (parfois exaspérant) où la nature même du skieur devient un élément d’angoisse en soi, distillant quelque chose d’assez flou, très loin des vacances d’hiver, plutôt dans l’étrangeté de ces silhouettes meurtrières glissant sur de grands espaces contrastés de roches sombres et de neige immaculée. Bien sûr, il y aura quelques scènes cultes, dont ma préférée est celle où – coincés devant une pente trop raide durant une course-poursuite avec les Allemands – les membres de notre patrouille américaine sculptent des marches dans la glace à coups de piolet pour avancer et échapper à l’ennemi pourtant tout proche, sous le feu des balles ! Vous imaginez un peu le tableau ? Là où il faudrait se planquer ou bien fuir à toute vitesse, ces mecs prennent le temps de sculpter un escalier dans la glace en courant sans courir !!! Rien que pour cette scène, ce petit film vaut d’être vu, même si personnellement c’est loin d’être mon préféré (c'est peu de le dire)...
La Dernière Femme sur Terre (Last Woman on Earth, 1960) :
Last Woman on Earth fait partie des films « sérieux » de Corman. Dans la lignée de films de fin du monde comme le génial Le Monde, la chair et le diable tourné l’année précédente (je ne saurais trop vous conseiller de découvrir cette merveille, avec la sublime Inger Stevens), ce film où deux hommes et une femme sont les seuls survivants de la planète après une catastrophe inconnue est finalement une œuvre assez belle, même s’il y a toujours çà et là les bizarreries assumées de Corman (certains dialogues frôlent l’hérésie). On retiendra une esthétique et une ambiance de couleurs intéressantes, et Betsy Jones-Moreland, avant d’incarner une garce absolue dans Creature from the Haunted Sea, s’avère ici assez proche de l’héroïne hitchcockienne, blonde quelque peu glaciale et totalement envoûtante, objet de désir inaccessible sous des tropiques désolées. Et La Dernière Femme sur Terre reste pour moi l’un des plus beaux titres de l’histoire du cinéma, aussi simple que très puissamment évocateur...
La Femme Guêpe (The Wasp Woman, 1959) :
Inutile de rappeler que l’année précédant ce film était sorti le mythique The Fly (La Mouche noire, de Kurt Neuman, avec Vincent Price, qui inspirera bien plus tard La Mouche de Cronenberg). On sait combien Corman a de nombreuses fois surfé sur le succès de certains films pour proposer sa version de la chose dans la foulée. Ici, ce ne sera donc pas un homme-mouche mais une femme-guêpe qui va terroriser le bon citoyen américain. Ce film en noir et blanc possède une véritable dimension de terreur, car même si aujourd’hui beaucoup pourraient s’amuser du visage de l’actrice principale grimée en guêpe humaine, ses apparitions dans l’ombre et les gros plans furtifs sur ce visage ont un impact assez fort distillant une angoisse certaine. Très loin d’être ridicule, ce personnage fait partie des vrais beaux monstres de cette période cinématographique. Petite bizarrerie : alors que sur l’affiche la créature est une guêpe au visage humain, c’est bien l’inverse qu’incarne Susan Cabot. Un chouette film.
Un baquet de sang (A Bucket of Blood, 1959) :
Je ne suis pas du tout d’accord sur le fait que l’on présente ce film comme étant une comédie – même horrifique – chronologiquement annonciatrice de The Little Shop of Horrors. Malgré le potentiel drolatique de l’acteur principal dont nous fait part Frédéric Thibaut à juste titre, A Bucket of Blood n’est pas une comédie. C’est même – au-delà des apparences – il film profondément angoissant, un film de terreur psychologique. L’histoire de ce garçon de café branché à l’esprit impressionnable qui va tuer des gens pour les recouvrir de glaise afin de les présenter comme ses sculptures alors qu’il n’a aucun talent d’artiste est une histoire terrifiante rendant compte de ce que la pression sociale peut avoir de destructeur sur un esprit simple ou faible. La naïveté du personnage n’a d’égale que son « envie d’être quelqu’un », et ce cocktail va le mener à la folie et au crime, sans se rendre compte de la monstruosité de ce qu’il fait. Et c’est loin d’être le « Corman » le plus foutraque, le film étant assez bien foutu et proposant de très beaux plans en noir et blanc. Un film bien plus profond qu’il n’y paraît, donc...
Les Mangeurs de cerveau (The Brain Eaters, 1958) :
Coproduit par Roger Corman, réalisé par Bruno VeSota. The Brain Eaters est symptomatique des films américains de SF horrifique de l’époque : l’apparition d’un élément technologique inconnu, plusieurs seconds rôles épaulant le héros pour vaincre la menace, des créatures extraterrestres qu’on ne voit presque pas (et quand on les voit, généralement, ça craint !) avant la révélation finale, et une fin aussi abrupte que soudaine, balayant des pans entiers du film sans se poser plus de questions que ça. Bref : le bonheur ! Ici, un cône métallique géant est apparu en pleine cambrousse près de la bourgade de Riverdale. Tandis que de bizarres insectes prolifèrent et que certaines personnes du comté ont un comportement étrange et agressif, une équipe de scientifiques va tenter de percer le mystère et les meurtres qui entourent ce cône. Un bon vieux film de SF comme on les aime.
L’Attaque des sangsues géantes (Attack of the Giant Leeches, 1959) :
Produit par Roger Corman, réalisé par Bernard L. Kowalski. Vous l’avouerez, rien que le titre est déjà tout un programme ! Et le pire, c’est qu’il n’est pas mensonger. Dans une bourgade du sud des Étas-Unis, on commence à s’inquiéter de la disparition de quatre personnes, apparemment englouties par les eaux sombres du marais. Un monstre s’y cacherait-il ? Non ! Plusieurs monstres ! Des sangsues géantes abominables qui vident leurs victimes de leur sang. Brrrouh ! Blague à part, même si ces sangsues prêtent à sourire de par le kitch des combinaisons portées par les acteurs qui les incarnent, elles n’en restent pas moins de très très beaux « craignos monsters », esthétiquement très fortes. Un bon classique du genre, avec ses longueurs, ses approximations et ses scènes d’horreur en plastique. Et, au sein de la moiteur poisseuse de ces marais, on retiendra la présence très érotique de l’ensorcelante Yvette Vickers, parfaite dans son rôle de vamp manipulatrice et coincée dans ce village de bouseux, désirable jusque dans la mort...
Dementia 13 (Dementia 13, 1963) :
Produit par Roger Corman, réalisé par Francis Ford Coppola. Officiellement, c’est la première vraie grande réalisation de Coppola. Mais le professeur Thibaut nous rappelle que Corman reprit les bobines de Coppola pour réorganiser le tout, en y ajoutant des scènes tournées par Monte Hellman ou Jack Hill, ce qui avait fortement énervé Coppola – et on le comprend. Il en reste néanmoins un film plus qu'intéressant par sa mise en scène et son travail du noir et blanc, avec même quelques scènes assez fortes, comme le meurtre de Louise qui constitue un beau moment de terreur cinématographique. Ce thriller psychologique ayant pour contexte un château irlandais, ses cryptes et son étang, nous entraîne dans une histoire d’héritage, de psychose, de hantise et de mort. Luana Anders est parfaite dans le rôle de Louise, à la fois sombre et lumineuse, assez fascinante, et même si Mary Mitchel est parfois un peu pataude, on lui pardonnera au vu de cette scène où elle suit son fiancé dans la crypte, toute dé-vêtue de sa nuisette faussement sage... Reprenant ainsi certains archétypes du film gothique (mêlant érotisme, angoisse et fantastique), Dementia 13 annonce aussi ce que sera le film horrifique par la suite, de plus en plus réaliste au niveau de l’horreur et de plus en plus proche de la folie intérieure des personnages.
Voyage sur la planète préhistorique (Voyage to the Prehistoric Planet, 1965) :
Produit par Roger Corman, réalisé par Curtis Harrington. Encore un film totalement improbable issu de l’écurie Corman... Le plus souvent, lorsqu’une équipée spatiale arrive sur une planète lointaine, elle y trouve des petits hommes verts... ou gris. Ici, c’est un monde préhistorique qui se trouve sur Vénus ! Dinosaures, flore de l’ère mésozoïque parfois carnivore, volcans et autres reptiles volants nous attendent pour une exploration haute en couleurs. La rencontre entre fusée, cosmonautes, robot, voiture spatiale et le monde préhistorique est bien sûr ce qui génère l’originalité du film, et comme le souligne à juste titre Frédéric Thibaut, il se dégage une vraie poésie de ce mélange ahurissant. De nombreuses images à l’univers chromatique très travaillé et la beauté intrinsèques de certains plans ajoutent à la magie qui – contre toute attente – opère. Certes, malgré leur savoir technologique et scientifique, les membres de l’expédition sont des crétins assez affligeants dans leurs réactions, nous infligeant des dialogues qui donnent envie de chialer (ou de s’auto-assommer contre un mur, au choix), mais la beauté de beaucoup de plans – même les plus naïfs, comme ce périple en auto spatiale tout terrain – ne peuvent qu’engendrer un vrai bonheur chez tout cinéphile de l’imaginaire.
La Bête de la caverne hantée (Beast from Haunted Cave, 1959) :
Produit par Roger Corman, réalisé par Monte Hellman. Et c’est reparti pour un tour ! Corman n’avait pas son pareil pour user jusqu’à la moelle les canevas déjà utilisés. Il chargea Monte Hellman de tourner cette histoire d’expédition, de couple impossible et de monstre tapi dans son repaire avant de frapper sauvagement : argnh ! Tourné dans la foulée de Ski Troop Attack, selon la bonne vieille habitude de Corman, on retrouve toute l’équipe de ce film et une partie de son casting dans ce Beast from Haunted Cave qui se passe donc dans une ambiance de neige à la montagne. La créature est à la fois pathétique et terrifiante, et certains plans flanqueront la frousse à ceux qui ne sont pas encore blasés par la surenchère moderne de l’effroi, à celles et ceux qui ont gardé leur capacité d’innocence face à cette « naïveté » qui revêt aujourd’hui des visages insoupçonnés, ouvrant des brèches toujours plus riches – par strates.
Bref : amateurs de films de genre, de monstres pittoresques, d’histoires improbables et de fantastique décomplexé, vous ne pouvez pas ne pas connaître Roger Corman ni ignorer ce coffret !
Cecil McKinley
Coffret « Hommage à Roger Corman » (Bach Films, 30,00€)


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