Du 12 juin au 7 juillet se tiendra une très belle exposition à la galerie Galry. Vous pourrez y admirer des œuvres récentes d’une artiste pour qui j’ai eu un véritable et immense coup de cœur : Valérie Hadida. Ses sculptures de femmes sont l’une des plus belles choses que j’ai vues de toute ma vie.
Les coups de cœur, les révélations, les vraies, même lorsqu’on est naturellement à l’affût de bonheurs artistiques, sont rares – voire rarissimes – dans une vie. Il y a quelque temps, à la galerie Galry, je suis tout à coup tombé sur une sculpture de bronze, et le temps s’est arrêté. Je n’entendais plus les discussions alentours, et mon esprit se retrouva tout entier absorbé par cette vision qui sembla me vampiriser dans une étrange douceur. Elle me regardait. Je la regardais. Et je sus en quelques secondes seulement que c’était une vraie rencontre, à nulle autre pareille. Malgré moi, il y a un peu de discours amoureux, dans mes mots ; mais je crois qu’il s’agit bien de quelque chose de cet ordre-là. Sans plonger dans une folie balzacienne, je fus totalement fasciné par ce que je voyais.
Il s’agissait de la sculpture intitulée La Romantique (en photo ci-dessus). Dans de sublimes nuances de bronze refusant le trop sombre, une jeune femme me regardait sans me voir, les yeux dans le vide mais portant très loin dans l’âme. Outre son regard faussement absent, c’est avant tout la grâce de la silhouette générale qui m’émut si fort. Le rapport entre les masses, les directions suaves imbriquées dans une seule et même grande direction magnifique, la grâce naturelle et l’innocence qui se dégagent pourtant d’une science de la représentation et de l’interprétation impressionnante, les pleins et les déliés de la chair osant l’exagération – subtile – jusqu’à atteindre le contraste parfait (un pied tendrement pataud contrebalançant une main effilée jusqu’à l’extrême sentiment)... tout était sublime. Et puis il y avait cette poésie ultime, incroyable, insaisissable et évidente – semblant avoir le pouvoir d’atteindre chacun d’entre nous au plus profond de soi, personnellement – qui implosait au grand jour. Je suis resté de longues minutes comme interdit, submergé par l’émotion, et tournai respectueusement autour d’elle pour découvrir les merveilles qui émanent de tous les angles de vue...
Oui, une poésie immense, une grâce, une beauté qui va bien au-delà de la « simple beauté ». Rarement une œuvre d’art m’avait autant porté de l’autre côté de l’arc-en-ciel, possédant des qualités intrinsèques qui balayent tout autour de soi. Pour moi, il y eut ces tableaux de Jérôme Bosch au Palais des Doges de Venise, ce portrait de Mallarmé par Manet au Musée d’Orsay, cette branche de cerisier de Van Gogh au Musée d’Amsterdam, les marouflages d’Alechinsky au Musée de la Marine de Paris, et puis ces sculptures de Valérie Hadida, chez Galry : La Romantique et L’Éloquente. D’aucuns diront qu’en citant ces maîtres, j’exagère et pèche par passion, mais qu’y puis-je, si personnellement l’émotion de la révélation fut similaire ? Il y a du Klimt et des effluves du mouvement symboliste, dans ces sculptures, mais l’art de Valérie Hadida se suffit à lui-même. D’ailleurs, il n’y a pas que cette figure de La Romantique, dans l’éventail de portraits en trois dimensions que nous offre l’artiste. Il y a certes cette jeune femme ingénue et énigmatique, toute en finesse, aux galbes sensuels tout autant que fragiles, mais aussi cette femme callipyge expressionniste incarnant une sorte de maturité maternelle, ou cette femme enfant. Trois âges de la vie, trois visages de femmes, trois corps qui se répondent dans un regard libre et amoureux.
Est-ce par humilité, malice ou recul que Valérie Hadida appelle ses créations ses « petites bonnes femmes » ? Toujours est-il que ses sculptures vont bien au-delà de cette appellation qu’on devra – je pense – prendre plus pour un terme affectueux que réducteur de la part de leur créatrice. J’ai hâte de voir cette nouvelle exposition d’Hadida qui annonce des visions aériennes de la Femme. Je n’ai aucun doute – c’est impossible – que ces nouvelles créations ne puissent nous émouvoir autant que ses œuvres précédentes. Tout simplement parce qu’au milieu de cet incroyable champ de foire souvent pathétique, vain, vide, creux, qu'on appelle « art contemporain », Valérie Hadida possède l’aura et le talent des vrais et grands artistes qui méritent de passer à la postérité. Lorsque cela arrivera, car cela doit arriver, car il faut que cela arrive, il ne faudra pas oublier Galry qui appuie avec amour et vérité le travail de cette très belle artiste...
Cecil McKinley
Exposition « Souffle de femme » de Valérie Hadida, du 12 juin au 7 juillet 2012 à la galerie Galry (41 rue de Verneuil, 75007 Paris).
Vernissage le jeudi 14 juin 2012 à partir de 19h00.
Ouvert du mardi au vendredi, de 14h à 19h, le samedi, de 11h à 19h, et sur RV.
Tel: 01 42 86 92 14


Bonjour, et désolé de cette réponse tardive. Oui, on peut bien sûr acheter les sculptures de Valérie Hadida. La galerie Galry l'expose de manière assez constante en parallèle à ses expos temporaires. Je vous conseille donc de contacter la galerie afin de connaître les œuvres disponibles et leurs prix. Vous avez toutes les coordonnées en fin d'article.
Bien à vous,
Cecil
Rédigé par : Cecil McKinley | 25/11/2012 à 12:24
Peut on acheter une de ces sculptures et à quel prix?
Rédigé par : champion | 26/10/2012 à 19:03