La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), formalisée dans la norme ISO 26000, va devenir un sujet incontournable pour les grandes organisations et, par extension, pour leurs fournisseurs à l'image de ce qui s'est produit pour les normes de qualité.
Je ne vais pas ici entrer dans le détail des exigences sociétales de la norme (dont le sujet environnemental n'est que l'une des sept questions centrales), mais il faut savoir qu'elle touche aux droits de l'homme, aux relations sociales, à l'engagement vis à vis des consommateurs...
Les lecteurs réguliers de ce blog savent que je suis réticent face à l'extension infinie des normes qui privilégient le formalisme sur le fond. Or, pour ce qui concerne la RSE, ma position est beaucoup plus mitigée.
En fait, les principes énoncés dans la norme ISO 26000 sont extrêmement "généreux" et "exigeants". De ce point de vue, ils m'apparaissent comme des leviers pour questionner les pratiques des organisations. Leviers qui pourraient être actionnés par l'ensemble des parties prenantes (salariés, collectivités, clients...) pour instaurer un "débat" sur l'impact social des activités de l'entreprise.
Débat qui, s'il est conduit de manière constructive, s'il s'inscrit dans la durée et dépasse la revendication immédiate, peut contribuer largement à "donner" du sens au travail. Ce fameux sens que l'on dit avoir perdu, qui serait à la racine des Risques Psycho-Sociaux...
Ce débat ne pourra être conduit utilement que si l'on dépasse les antagonismes traditionnels entre exploiteurs et exploités, producteurs et consommateurs, efficacité et pression sociale...
Enfin, escamoter le débat sur le fond, donnerait l'avantage aux très grandes organisations qui ont les moyens de financer, à la marge, des actions vertueuses et de produire des rapports extrêmement documentés sur celles-ci alors que les PME courront après des exigences que souvent elles portent en elles sans nécessairement savoir les mettre en valeur. Pour exemple, l'externalisation d'activités dans des pays où les exigences sociales sont plus faibles est plus souvent le fait de grands groupes que de PME localisées dans nos territoires... Or, il faut savoir que le simple fait de rester localisé en France permet de remplir un bon nombre d'exigences de la norme sur le respect des droits de l'homme, des droits sociaux, le développement des territoires...
Bref, il me semble qu'il n'est pas trop tard pour que les organisations, fédérations, patronales ou syndicales, s'emparent du sujet pour éviter qu'il ne se technocratise.


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