Performance économique,
performance sociale... Quel équilibre entre ces deux exigences ?
En réalité, je pense que, posée ainsi, la question n'a pas de sens. Il y a tension entre ces deux exigences et c'est dans la gestion de cette tension que, précisément, l'entreprise trouve son indentité, son projet, sa stratégie. L'entreprise est une formidable organisation de gestion de contradictions entre des injonctions contradictoires. Ceci explique que cette organisation soit, aujourd'hui, universelle : géographiquement, politiquement (de la Chine communiste aux USA ...), culturellement.
Il n'y a bien évidemment pas une seule réponse, un seul choix, pour résoudre la question posée. De surcroît, l'équilibre atteint est instable : les conditions de marché changeront, les exigences des parties prenantes évolueront et la réponse d'hier ne sera pas celle de demain.
Alors qu'exiger d'une entreprise en termes d'équilibre en performance économique et performance sociale si tout est relatif et éphémère ?
Premièrement, la cohérence des choix : on ne peut pas faire appel aux efforts de tous en matière salariale, si le patron s'augmente de 30%.
Deuxièmement, la clarté des choix : les salariés ne sont pas des enfants à qui l'on peut raconter des histoires de cigognes pour expliquer leur naissance. Ils ont droit à des explications. Partant de là, chacun pourra, individuellement ou collectivement, questionner, agir, s'adapter. La démocratie c'est le droit de tout questionner - plus que de tout décider - mais pour celà, il faut savoir.
Troisièmement : il ne sera jamais possible de nous mettre théoriquement d'accord sur les choix qui guident les arnitrages entre performance économique et performance sociale, car ceux relèvent de systèmes de valeur qui différent d'une culture à l'autre, d'un système à l'autre, d'un individu à l'autre.
A. Sen, dans "l'esprit de justice", prend cet exemple : dans une société composée de trois personnes, l'une d'entre elles fabrique une flûte. Ensuite la questions se pose de savoir qui doit en devenir propriétaire : celle qui l'a fabriquée, celle qui sait en jouer ou celle qui est démunie de tout à la différence des deux autres ?
A. Sen nous explique alors que si le "juste" est impossible à définir, le profondément injuste, lui, peut trés vite faire consensus.
De la même façon, éradiquer les injustices criantes, mettre fin aux incohérences manifestes entre les discours et les actes, bannir l'inadmissible (exploitation éhontée des hommes et des ressouces...), appétit démesuré d'argent et de pouvoir, serait peut-être le premier impératif des discours sur l'équilibre en performance économique et performance sociale.
Le chef doit-il cocooner ses collaborateurs ?
Extrait d'un article d'Éric Albert dans les Échos.fr :
Lire la suite "Le chef doit-il cocooner ses collaborateurs ?" »
Mortel Management sur 30/03/2012 dans Comment gérer son chef ? | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Envoyer sur Digg | Envoyer sur del.icio.us | Tweeter ceci !