À lire sur Alternatives Economiques, un article trés complet sur l'économie sociale et solidaire.
Extrait : "En dépit de son développement et de sa puissance - l'ESS rassemblerait aujourd'hui plus de 200 000 organisations employant 2,1 millions de salariés -, ce secteur peine à s'affirmer comme une réelle alternative à l'économie dominante. Faute d'unité, faute d'apparaître comme un véritable mouvement de transformation sociale, faute aussi d'être à même de mobiliser - ou de vouloir le faire - ses adhérents, ses sociétaires ou ses associés."
"La banalisation, on l'observe partout où la réussite des entreprises de l'ESS se traduit par l'adoption progressive des règles du système dominant. L'exemple du secteur financier (banques et assurances) est ici particulièrement significatif. Les structures coopératives et mutualistes y ont un poids considérable: Crédit agricole, groupe Banque populaire-Caisse d'épargne, Crédit mutuel, dans la banque; groupes MMA, GMF, Macif, Maif ou encore Matmut, dans l'assurance... Cette réussite économique s'est cependant trop souvent traduite par une banalisation pure et simple (3). Au point que les clients d'une partie de ces banques et compagnies d'assurances ne sont pas toujours capables de dire - quand on le leur demande - en quoi elles diffèrent des banques ou des compagnies d'assurances de statut privé lucratif."
"Porter une vraie parole de transformation sociale supposerait donc d'oser défendre un projet en faveur d'une économie réellement alternative, plus sociale et plus soutenable sur le plan environnemental. Et d'assumer de se situer, au moins implicitement, dans le champ politique.
Un risque qui n'effraye pas les promoteurs des nouveaux regroupements qui sont en train de voir le jour, en marge du Ceges et des structures associatives qui affirment représenter l'économie solidaire spécifiquement. Ils entendent promouvoir une ESS en mouvement, celle qui porte le renouvellement du secteur. Deux initiatives méritent d'être signalées. La première est le Labo de l'ESS, un think tank créé à l'initiative de Claude Alphandéry, président d'honneur de l'association France active. Son objectif: profiter de la crise pour faire connaître et reconnaître une ESS offensive et ouverte, interroger et améliorer les pratiques de celle-ci, et oeuvrer à une transformation sociale, écologique et démocratique de l'économie globale, en alliance avec d'autres acteurs de la société. Ce vaste programme s'articule autour de cinquante propositions très concrètes, qui sont d'ores et déjà mises en débat, notamment à l'occasion des élections régionales (5).
Une autre initiative intéressante vient parallèlement de voir le jour, dont les créateurs sont en partie les mêmes: le Mouvement des entrepreneurs sociaux. Avant même d'avoir lancé une campagne d'adhésion, cette structure rassemble plus d'une centaine d'adhérents, qui entendent promouvoir l'entrepreneuriat sans exclusive, pour autant qu'il s'inscrit dans une démarche sociale et environnementale exigeante, mais dont les contours demeurent cependant encore à définir (6).


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