Une des toutes premières questions posées – aujourd’hui – à qui étudie les chefs est celle de la différence entre les styles de management masculins et féminins. Réfractaire aux idées reçues non confirmées par la statistique, je reste sceptique quand une grande gueule péremptoire, généralement masculine, me rapporte une expérience censément significative à partir de laquelle il élabore une théorie fumeuse sur la différence de comportement professionnel entre les sexes. Personnellement, je ne suis pas parvenu pas à dégager une loi qui permettrait d’affirmer, preuve à l’appui, que tel ou tel des chef que j'ai décrit dans les notes précédentes serait plutôt masculin ou féminin.
Je peux simplement relever que j’ai croisé chacun des types chez des hommes. Le nombre de femmes chefs étant encore assez limité, je ne peux prétendre la même chose pour ce qui les concerne. Qu’en sera-t-il demain (ou après-demain) quand la proportion de femmes chefs égalera celle des hommes à tous les étages ? Je ne peux le prédire, mais je partirai volontiers du postulat que les différences ne seront pas aussi significatives que certains l’affirment aujourd’hui.
Par exemple, on entend souvent dire que les femmes chefs (surtout « grand chef ») sont plus dures que leurs homologues masculins ou, à tout le moins, plus déterminées, plus bosseuses, plus perfectionnistes… Je me méfie comme de la peste des erreurs de perspective qui sous-tendent ce genre de propos. En effet, quand on évoque des styles de management, on a souvent à l’esprit les grands patrons des très grandes entreprises.
À ces sommets, les femmes sont rares. Celles qui y sont parvenues ont eu beaucoup plus à prouver que leurs compétiteurs mâles : il n’est donc pas anormal que cette sélection n’ait laissé passer que des caractères particulièrement bien trempés.
« J’aime la compétition, j’aime gagner… Certains clients ne voulaient pas me recevoir sous prétexte que j’étais une femme. » (Patricia Russo, ex DG d’Alcatel-Lucent.)
Plus on descend dans la hiérarchie, plus le secteur d’activité est ouvert aux femmes, plus, me semble-t-il, les différences s’estompent quel que soit le niveau dans la hiérarchie.
Il me paraît donc honnête de signaler que ce point de vue sous-tend toutes mes réflexions et que, par conséquent, je n'utilise que trés rarement le sexe comme angle de vue pour mes réflexions sur les chefs
Je retiens simplement quelques précautions de base à prendre dans la gestion de votre chef selon le sexe :
- Si vous êtes un mec, évitez les discours machos. Si le chef est un homme, il pourrait vous considérer comme un dinosaure totalement anachronique, donc sans avenir. S’il est une femme, il y a neuf chances sur dix pour que vous vous retrouviez au placard. Même si, comme cela arrive parfois, elle dénigre ses consœurs. Elle en a le droit, pas vous !
- Si votre chef est du sexe opposé au vôtre, fuyez le terrain de la séduction : il n’y a que des coups à prendre, sans mauvais jeu de mots !
- Si votre chef est une femme, vérifiez si elle a féminisé son titre (directrice ou directeur ? présidente ou président ? patron ou patronne ?) et, surtout, surtout, dénommez-la comme elle le souhaite, sans tirer de conclusions hâtives sur sa posture, féministe ou non. Sur ce terrain, les choses sont plus complexes qu’il n’y paraît.


Merci, cela fait plaisir d'avoir des retours, surtout quand ils sont sympas (et même s'ils critiquent).
Rédigé par : c.oyarbide | 21/03/2010 à 19:24
je tenai juste à te dire qu'il est particulièrement plaiszant de lire ton blg.
Rédigé par : Florian (modele nu) | 21/03/2010 à 18:53
Qu'appelez-vous exactement le "mode rateau". Il y a plusieurs façon de le concevoir : la centralisatrice qui éparpille les reponsabilités pour être certain de maîtriser, la délégante qui responsabilise et insiste sur les relations transverses entre les n-1...
Comme en toutes choses, il me semble que l'essentiel est de savoir dans quel univers on se situe et d'éviter la "langue de bois".
Rédigé par : c.oyarbide | 17/03/2010 à 20:48
En général, si les hommes subalternes d'une collègue enont une opinion négative, c'est qu'ils l'ont gravement sous-estimée ou, pire, l'ont dénigrée parce que c'est une femme. En particulier, ceux qui ont dû ravaler leurs désaccord fondés ou non, parce qu'en dernier ressort, en bon(ne) manageur(e), elle a arbitré.
Ce que je prétend est difficile à vérifier par des statistiques, je le reconnais, faute d'une méthode probante pour trouver ce type d'échantillon (population statistique).
Néanmoins, c'est ce que j'ai pu constater empiriquement.
Sinon, j'approuve ce que vous dites à propos du sexe du manager. Il n'importe pas. Ceux qui agissent dans cette position, s'ils l'assument, c'est qu'ils ont des croyances qui les disposent à agir dans le cadre d'une organisation hiérarchisée.
Ces croyances ont le même fondement idéologique qui sépare, pour le moment, l'encadrement soit en gestionnaire de personnel soit en expert.
En France, il y a très peu d'organisations économiques qui fonctionnent en mode râteau avec des relations de pair à pair.
En tout cas je n'en connais (C'est plus juste de l'écrire comme cela).
De l'utopie technocratique, on n'a pas fini d'en voir la fin !
Rédigé par : gide | 13/03/2010 à 21:16