« La reconnaissance au travail : levier universel d'engagement et de performance ? » tel était le thème du colloque international organisé par VPHR, premier cabinet français spécialisé dans la reconnaissance non monétaire, le 10 novembre dernier : alternative concrète en réponse au problème du mal être au travail, dont l'importance a été douloureusement soulignée par l'actualité récente.
Dans un monde où le calcul des coûts détermine le plus fréquemment les choix stratégiques des entreprises, ce colloque venait rappeler l'importance à accorder à la reconnaissance non monétaire, source durable de bien être et de productivité. Du simple compliment au système de prix honorifiques, en passant par les déjeuners informels entre employés et managers, la reconnaissance non monétaire peut passer par de multiples canaux. Elle est néanmoins « plus que jamais nécessaire dans l'entreprise aujourd'hui », d'après Jean Pierre Brun, expert et professeur canadien renommé en management qui est intervenu par le biais d'une vidéo enregistrée depuis le Québec…
Selon le Baromètre Accor Service 2009, le manque de reconnaissance est la première cause de la baisse de motivation au travail » a déclaré Christophe Laval, animateur du colloque et président fondateur de VPRH. « 34% des sondés ont déclaré que leur démotivation était due à un manque de reconnaissance, alors qu'ils n'étaient que 30% à mentionner une rémunération insuffisante… Comment expliquer un tel phénomène ? Pour Jean Pierre Brun, la cause du problème s'enracine dans les mutations socio-économiques de l'entreprise. D'un côté, on constate depuis plusieurs décennies une individualisation croissante de l'évaluation des performances liée à un durcissement de la logique de compétitivité. De l'autre, on assiste à un effritement des réseaux sociaux. Le tout ayant pour effet d'isoler de plus en plus le salarié et de l'exposer à un fort niveau de stress et d'anxiété, absentéisme et turn-over à la clé, qui alourdissent encore les pertes financières pour l'entreprise.
… Gordon Green affirme… que « si la culture d'entreprise et la stratégie de communication interne est primordiale, les employés ne quittent jamais une entreprise, ils quittent leurs managers ».
Voici donc le nouveau défi des entreprises d'aujourd'hui : générer du sens et de la satisfaction pour les employés afin de susciter leur engagement et leur performance. Toutefois, si les solutions semblent accessibles, « un changement à long terme ne sera possible que si tous les maillons de la chaîne sont parties prenantes, a rappelé Christophe Laval. De la direction aux employés, en passant par les managers de proximité, les organisations syndicales et l'Etat : il s'agit de fonder un nouveau pacte social ».
Voilà de quoi alimenter le renouveau du contrat managérial…
Sauf si, on joue avec la reconnaissance pour faire prendre des vessies pour des lanternes. Dans ce cas, il est à craindre que l’humain blessé dans son orgueil et dans sa dignité réagisse fortement. La reconnaissance est plus qu’une exigence managériale : c’est une exigence morale et philosophique. Je « reconnais » l’autre comme un adulte, un partenaire et ce faisant je m’affirme moi-même comme un adulte et un partenaire.


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