L’entreprise n’est pas une famille.
On le savait déjà mais Jean Luc Excousseau, psychothérapeute, relève : « Il y a une différence majeure entre la famille et l’entreprise. Dans la première, toutes les générations ne sont pas représentées (moi je dirai : ne sont « plus » représentées)… Dans la seconde, toutes les générations sont représentées … Pour un baby boomer, manager ou dirigeant, c’est très troublant… »
J’ajouterai à cette observation, un autre phénomène : la place de plus en plus grande des femmes à tous les niveaux de décisions, sur tous les types de postes.
Le manager se trouve confronté à des diversités biologiques irréductibles à la norme : deux sexes, trois âges. Si l’on ajoute que, dans les grandes entreprise multinationales, il doit de plus en plus accueillir dans ses équipes des personnes issues de culture très différentes, il va se trouver, sur ce sujet également, à faire le grand écart entre la nécessité d’appliquer des processus de plus en plus formalisés (donc normatifs) et l’obligation de « fédérer » (comme on dit élégamment) des êtres humains qui revendiqueront, légitimement, leurs différences.
Je pense que le modèle normatif qui se répand dans les très grandes entreprises ne saura pas tirer le meilleur parti de la diversité contrairement à ce que prônent les théories managériales « modernes ». Mais après tout, si on l’admet, cela ne signifie pas que celles-ci sont vouées à disparaître. Tout au plus, elles ne seront pas les plus innovantes, les plus réactives, les plus porteuses de transformations sociales. Est-ce si grave ?


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