Extrait d’un article de Gilles Lockhart dans l’Expansion du 01/07/2009
« Il faut se pincer pour le croire, mais c'est bien le Boston Consulting Group, ce cabinet de conseil spécialisé dans les grandes questions de stratégie « froides » - benchmark, leverage, downsizing, etc. - qui publie une étude sur la valeur des hommes et des femmes dans l'entreprise. Voilà le fameux « capital humain » redécouvert et poli comme une pépite. L'étude (1), une quinzaine de pages denses, en anglais, est lestée de schémas et de tableaux de pourcentages indigestes. Mais la petite musique qui s'y fait entendre est agréable à l'oreille : « L'action planifiée la plus courante en période de crise - celle qui consiste à stopper les recrutements - a clairement du sens sur le plan budgétaire. Mais les entreprises devraient le faire avec prudence [...]. Lors du regain qui suit les récessions, beaucoup d'entre elles se retrouvent confrontées à une pénurie de talents. Et, cette fois, le risque de manquer de collaborateurs clefs peut être encore plus aigu du fait du nombre accru de personnes qui partent à la retraite et du moindre nombre de jeunes entrant sur le marché du travail…
Raisonnement analogue en ce qui concerne le réflexe de licenciement. Le BCG ne dissuade pas de le faire, mais recommande aux executives d'en fonder la décision sur la « performance individuelle ». Ne serait-ce que parce que « des licenciements fondés sur des principes méritocratiques transparents permettent à ceux qui restent dans l'entreprise de surmonter la "culpabilité du survivant" quand ils voient partir leurs collègues ». Que ces choses-là sont joliment dites ! »
Si l’efficacité managériale rejoint les bons sentiments alors nous allons devoir chercher ailleurs de quoi critiquer les « patrons » sans conscience.


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