Dans un article des Echos, Roger Pol Droit exprime une opinion qui va à l’encontre du consensus émerveillé autour de l’initiative de Nicolas Sarkozy pour la construction d’un indice de bien être qui remplacerait le PIB. Je livre ici la conclusion de l’article :
« L’élaboration de ces hyper-indices correspond à des choix éthiques et politiques, voire idéologiques. Mais, au-delà de cette évidence, ils laissent transparaître le rêve limite d’un indice total, parfait, capable de tout intégrer, de tout transformer en chiffres… Ah si des experts pouvaient enfin dire un jour : « Ici votre vie s’est améliorée cette année de 1,2% ; celle de vos voisins de seulement 0,8%... » Comme ils seraient satisfaits ! Et comme la vie serait triste. Heureusement, l’indice intégral n’existe pas. Le monde humain est trop complexe et divers pour tenir dans un seul chiffre. L’indice absolu n’est qu’une utopie, une démesure de la mesure. Ou bien l’indice d’un détraquement. »
Sur le fond, si l’Indice consiste à mesurer le bonheur, voire même le bien être, bien entendu qu’il est utopique : pire il est dangereux, comme toute notion totalisante.
Si, maintenant, il s’agit d’apprécier différemment, le niveau de performance économique d’une société que le PIB ne reflète que très partiellement, voire partialement, alors pourquoi pas…
Mais il faut se garder de porter sur un piédestal une nouvelle idole… dont rien ne dit qu’elle restera pertinente dans le temps et dont il est certain qu’elle ne l’est pas dans l’espace puisque toutes les sociétés n’ont pas la même idée du bien être.


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