Je poursuis mes réflexions sur l'éthique en entreprise. Je rappelle que, selon moi, l'éthique dans le management n'est pas une affaire de théories ou de proclamations mais de petites décisions, au jour le jour, dans lesquelles l'éthique à sa part. Je rapelle aussi qu'une décision éthique qui ne "coûte" rien ne vaut rien et que "nécessité ne fait pas vertu". La vertu c'est quand on aurait eu avantage à faire différemment mais que l'on a choisi la voie la plus difficicile, justement par éthique.
Je rappelle aussi que la principale valeur d'un geste éthique est sa valeur d'exemple.
Aujourd'hui la question que je me pose est de savoir s'il est éthique de décider en fonction de la proximité que l'on a avec quelqu'un : décider un recrutement, un soutien à un projet... La proximité peut naître des études (pensons aux grand corps, aux grandes écoles...), d'affinité philosophiques, politiques, géographiques, ethniques, familiales...
Clairement, l'éthique condamne un choix fondé sur l'appartenance à un "réseau" dés lors que le candidat ou le projet d'un homme "hors réseau" aurait été meilleur que celui issu du réseau.
Mais quand les projets ou les hommes se valent, pourquoi se refuser à choisir celui du "réseau" ? Que pourrait-on nous reprocher dans ce cas ?
Comme toujours, en matière d'éthique, la réponse n'est pas évidente. Je vais néanmoins tenter une approche.
Dans un tel cas, il faut jouer la transparence et, en l'occurrence, afficher son appartenance au réseau. Celà étant connu, il faut accepter que ses décisions soient passées au crible de la critique en toute connaissance de cause
Bien entendu, cet affichage peut être couteux, mais, comme dit plus haut et dans une note précédente, l'éthique doit coûter, sinon elle ne vaut rien.
En partant de cet exemple, on voit qu'il est beaucoup plus simple de mettre l'éthique en pratique que de la théoriser. Pas toujours, pas tout le temps, pas à n'importe quel prix sans doute, mais chaque geste éthique rend à l'homme sa dignité dans un monde où il est plus simple "de faire comme tout le monde".
Comment gérer un chef hyperactif ?
Toujours sur le pont, pendus au téléphone portable, week-end compris, les hyperactifs exigent de leurs collaborateurs une disponibilité totale, n’imaginant pas qu’ils puissent avoir faim, sommeil, des enfants, des parents, une compagne ou un compagnon, des hobbies et, parfois, pas envie de trimer.
Ou des vacances à prendre !
Ils se rencontrent dans tous les milieux, et mon hypothèse est que leur quote-part dans la tribu des chefs reste stable dans le temps. En dépit du malaise des cadres, du reflux de l’esprit d’entreprise dans les jeunes générations, je ne vois pas leur population régresser. Si tel était le cas, je ne pense pas que je préconiserais un programme de protection de l’espèce.
Mal organisé, en retard, se mêlant de tout, l’hyperactif adore être débordé.
S’il s’en plaint, ne le croyez pas !
Il s’invente du boulot, des défis, ou même se crée des problèmes rien que pour le plaisir d’en rajouter à un emploi du temps déjà surchargé. Il empiète sans vergogne sur votre pré carré, ajoutant sa pagaille à celle que vous entretenez jalousement.
Si vous prétendez manquer de temps, il vous proposera des solutions à base de « y a qu’à se retrousser les manches et d’ailleurs je vais vous montrer ». Aussitôt dit, aussitôt fait. Le voilà à votre place, mais, très vite happé par une question plus urgente, il vous plantera là, sans rien terminer, dans une situation pire qu’avant.
Difficile d’en placer une, de prendre le temps d’expliquer. Il déteste les lents, les mous, les discoureurs.
« Je place l’action au-dessus de la réflexion, je suis un fanatique de la rapidité, un homme pressé et j’attends la même chose de mes collaborateurs. » (Christian Mari, président de Teuchos [filiale de Safran, spécialisée dans les services en ingénierie].)
Son agitation est extrêmement contagieuse. Quelques semaines après sa nomination, un service autrefois paisible, pas très réactif (style : « On en reparle le mois prochain »), vibrionnera, s’excitera, multipliera les projets… Sans aucun gain d’efficacité.
Félicitations : J J
À la va-vite, entre deux portes, dans l’urgence de s’attaquer au problème suivant. N’espérez pas un pot pour saluer le gros contrat que vous venez de décrocher, alors que personne n’avait jamais rien réussi avec ce client-là. Tout au plus, l’hommage d’un « Machin, bravo pour le contrat Duchmol ! À propos, vous en êtes où du contrat Duchmurtz ? »
Le max du max de ce que vous pouvez escompter !
Engueulades : L
Pas souvent et brèves. Pas plus de temps à perdre qu’en félicitations.
Sauf quand – alors là, c’est terrible, le Vésuve l’Etna, les deux réunis – il s’est mis tellement de pression qu’il ne parvient plus à la gérer et que vous débarquez dans son bureau, benoîtement, pour lui soumettre un de ces petits problèmes sur lesquels il se rue voracement en temps normal.
Alors là ! Le grand jeu, la mauvaise foi !
« Je ne peux pas m’occuper de tout ! Prenez-vous en mains ! Y en a marre ! »
Le mieux est de vous retirer sur la pointe des pieds et de régler ledit petit problème sans son aide (ce que vous auriez fait sans en parler à un chef normal). Si vous êtes un bon collègue, vous prévenez les autres pour qu’ils l’évitent ce jour-là.
En général, la crise ne dure pas.
Sinon, c’est que, pour une raison qui vous échappera toujours, il a envie de lever le pied. C’est rare, mais ça arrive.
Dans ce cas, il va évoluer lentement vers un autre type de chef (pourquoi pas paternaliste ?) Si vous êtes le premier à décoder cette mutation, vous avez beaucoup à gagner à l’accompagner !
Décisions : J J J
Superchouette !
Il adore en prendre. Pas forcément tout seul (cela dépend de son type secondaire). Mais il ne vous laissera jamais décider sans avoir donné son avis, sinon il se sent inutile, le pôvre.
Il ne prendra pas nécessairement le contre-pied de vos idées : il a juste envie de mettre son grain de sel partout. Écoutez-le, n’hésitez pas à argumenter, sauf si vous le sentez pressé de courir ailleurs. Auquel cas soyez hyperbref !
Vous pouvez aussi tenter de l’encombrer avec des vétilles et garder les grandes décisions pour vous. S’il démasque votre manège, gaffe !
Augmentations : J J
Elles seront étroitement corrélées à votre temps de travail et à votre réactivité à ses demandes.
Le temps de travail minimum étant égal au sien (ce qui est beaucoup, voire beaucoup trop), vous devrez ruser. Les messageries, les reports téléphoniques, une bonne relation avec sa valeureuse assistante, vous permettront peut-être de réduire vos horaires au prix d’une permanence auprès de votre micro-ordinateur personnel et de votre téléphone portable.
En effet, le délai de réponse maximal à l’une de ses demandes est « tout de suite » !
Moyennant la satisfaction de ces deux contraintes (temps de travail et réactivité), vous serez très grassement augmenté.
Dans le cas où vous ne pourriez satisfaire les deux à la fois, privilégiez la réactivité.
Voici le mode d’emploi :
- une réponse rapide même approximative est préférable à une note de quatre pages argumentée ;
- cette réponse sera, de préférence, délivrée très tôt le matin (si possible avant son arrivée).
Ainsi, il débutera sa journée avec une bonne opinion de vous. Rassuré sur votre diligence, il vous oubliera pour quelques heures et n’ira pas s’interroger sur ces réunions à 16 h 30, à l’autre bout de la ville, qui s’éternisent tellement qu’après vous n’avez plus le temps de rentrer au bureau.
En cas de coup dur : J J J
Pas de souci, il sera sur le pont. Et vous avec ! Il se dispersera dans toutes les directions, perdant un temps fou à régler des problèmes accessoires.
Si vous êtes calme et déterminé, il est possible qu’il vous cède la barre pendant la durée du coup de tabac, conscient d’être trop agité pour faire face à la situation.
Le coup dur passé, demandez sans délai cette fameuse augmentation que vous avez du mal à obtenir (parce que vous êtes un perfectionniste lent).
Conjugaison de l’imparfait : conditionnel. Franchement, il ne peut pas être partout et il le regrette. Mais demain, c’est certain, il va résoudre le problème.
À faire absolument : passer une ou deux nuits entières à bosser et le clamer pendant des mois.
À éviter absolument : le bronzage entretenu qui donne le sentiment que vous êtes perpétuellement de retour de vacances.
Capacité d’éclairage : type feu d’artifice. Le nombre de fusées lancées ne préjuge pas de sa luminosité. De toute façon, un feu d’artifice n’a pas pour fonction d’éclairer.
Mortel Management sur 31/10/2009 dans Comment gérer son chef ? | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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