C'est le titre de Libé pour attirer l'attention sur le désespoir de salariés qui se heurtent à l'absence de décideurs avec qui négocier leurs indemnités de licenciement. L'engrenage infernal est le suivant :
- Soit une entreprise familiale, Familialis, qui doit se vendre pour cause de manque de moyens financiers, de taille critique, d’absence de successeur au fondateur… Peu importent les raisons.
- Mondialis, un grand groupe mondial suédois, emporte l’affaire et nomme un Directeur Général salarié qui sera chargé de moderniser l’entreprise. Quelques temps plus tard, le Président de Mondialis revoit sa stratégie sous la pression de ses actionnaires, pour contrer la concurrence, pour maintenir l’emploi dans son pays d’origine … Peu importent les raisons.
- Le Président convoque le Dg de Familialis et explique qu’il va devoir fermer. Le DG accepte de faire le sale boulot car il a son train de vie ou bien il n’a guère de chances de retrouver un job dans le secteur, ou les deux… Peu importent ses raisons.
- Les négociations commencent. Le Dg n’a pas les mains libres. Très vite, les partenaires sociaux de Familialis se tournent vers Le Président qui les renvoie vers le Dg. Et on tourne en rond.
- Les salariés menacent et installent des bonbonnes de gaz autour de l’usine. Le débat est vif. Faut-il aller jusqu’au bout ?
- L’Europe interdit à l’Etat de s’en mêler pour cause de distorsion de concurrence, parce que l’entreprise est étrangère, parce que ce n’est pas son affaire… Peu importent ses raisons- La bonbonne explose.
Qui est responsable de quoi dans cette affaire? Et est-ce que vraiment les raisons de chacun n’importent pas ?


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